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Contester une amende : délais, procédure et ce que vous risquez (2026)

Contester une amende : 45 jours, requête en exonération, consignation, amende majorée. La procédure, et le cas du titulaire personne morale.

SA
Directeur Général, Lexio · 4 août 2026 · 22 min

Contester une amende : délais, procédure et ce que vous risquez (2026)

La bonne question n'est pas « comment contester une amende », c'est « à quel stade suis-je ». Le stade commande le délai (45 ou 30 jours), le texte (article 529-2 ou article 530 du code de procédure pénale), la pièce à joindre et le destinataire. Avis de contravention, avis d'amende forfaitaire majorée et forfait post-stationnement ne se contestent pas de la même façon : les confondre est la première cause d'irrecevabilité. Si l'avis est arrivé au nom d'une société, la désignation du conducteur passe avant le reste — voir plus bas. Ce qui suit décrit la procédure pour contester une contravention.

Dernière mise à jour : 4 août 2026. Textes et montants vérifiés à cette date sur Légifrance et sur le site de l'ANTAI. Sources en fin d'article.

Avant tout : à quel stade en êtes-vous ?

Trois documents, trois procédures : contester une contravention n'obéit pas aux mêmes règles selon l'avis reçu. Lisez l'intitulé exact de ce que vous avez reçu.

Un avis de contravention (amende forfaitaire) : radar, feu rouge, téléphone au volant, stationnement verbalisé par un agent. La voie est la requête en exonération, dans les 45 jours, sur le fondement de l'article 529-2 du code de procédure pénale, qui renvoie au délai de l'article 529-1. C'est l'avis de contravention à contester au sens strict.

Un avis d'amende forfaitaire majorée : les 45 jours sont passés, la majoration est intervenue de plein droit. La voie est la réclamation motivée au ministère public, dans les 30 jours à compter de l'envoi de l'avis majoré (article 530, alinéa 2). De l'envoi, pas de la réception.

Un avis de forfait post-stationnement (FPS) : ce n'est pas une amende, mais un régime distinct — recours administratif préalable obligatoire auprès de la collectivité, puis Tribunal du stationnement payant. Il n'est pas traité ici et rien de ce qui suit ne s'y applique.

Un dommage au véhicule, enfin, n'est pas une infraction : le circuit d'un sinistre, distinct de celui d'une amende, obéit à d'autres délais.

Ce que vous avez reçu

Voie de recours

Délai

Texte

À qui / comment

Avis de contravention (amende forfaitaire)

Requête en exonération

45 jours à compter de l'envoi de l'avis

Art. 529-2 CPP (renvoi 529-1) ; forme : art. 529-10 dans son champ

Service indiqué sur l'avis — l'officier du ministère public. Formulaire joint et recommandé avec avis de réception si l'avis relève de l'article 529-10 (infraction de la liste R121-6 adressée au titulaire de la carte grise, au locataire, à l'acquéreur ou au représentant légal) — ou téléservice ANTAI (art. 529-10, dernier al.)

Avis d'amende forfaitaire majorée

Réclamation motivée, accompagnée de l'avis

30 jours à compter de l'envoi de l'avis

Art. 530 al. 2 et 3 CPP ; forme : art. 529-10 dans son champ

Ministère public. Recommandé avec avis de réception si l'avis relève de l'article 529-10ou téléservice ANTAI

Avis d'AFM jamais reçu

Réclamation motivée

Tant que la peine n'est pas prescrite, à condition qu'aucun acte d'exécution ni aucun autre moyen de preuve n'établisse que vous avez eu connaissance de l'AFM — et sous réserve de la forclusion à 3 mois si l'AFM a été envoyée en lettre recommandée à l'adresse du certificat d'immatriculation

Art. 530 al. 2 CPP

Ministère public

Avis de forfait post-stationnement

RAPO puis Tribunal du stationnement payant

Régime distinct — non traité ici

Collectivité / TSP

Contester une amende forfaitaire : la requête en exonération (45 jours)

Le point de départ des 45 jours

L'article 529-1 fixe le délai « dans les quarante-cinq jours qui suivent la constatation de l'infraction ou, si cet avis est ultérieurement envoyé à l'intéressé, dans les quarante-cinq jours qui suivent cet envoi ». Jamais la date de réception. L'ANTAI, elle, retient 45 jours à compter de la date figurant sur l'avis : en cas d'écart entre les deux dates, c'est l'envoi que retient l'article 529-1. Conservez l'avis lui-même — sans lui, une réclamation contre un avis majoré est irrecevable (article 530, alinéa 3).

Le formulaire : pas de CERFA à télécharger, mais deux voies possibles

Voie postale. Le chapeau de l'article 529-10 impose que la requête soit adressée « par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, en utilisant le formulaire joint à l'avis d'amende forfaitaire ». Ce feuillet porte les références du dossier : ni substituable, ni téléchargeable. Lettre simple ou recommandée pour une amende, la différence est de recevabilité.

Voie dématérialisée. Dernier alinéa du même article : « Les requêtes et les réclamations prévues au présent article peuvent également être adressées de façon dématérialisée, selon des modalités précisées par arrêté. » L'ANTAI confirme que la contestation peut être intégralement dématérialisée : contester en ligne est une voie recevable, pas un pis-aller.

L'adresse pour contester une amende par voie postale n'est pas nationale : c'est celle de l'officier du ministère public figurant sur votre avis. Quant au « CERFA de requête en exonération », il n'existe pas : le CERFA 15817 est le formulaire du Tribunal du stationnement payant.

Les quatre pièces qui rendent la requête recevable

L'article 529-10, 1° énumère les documents qui rendent la requête recevable sans consignation :

  • le récépissé du dépôt de plainte « pour vol ou destruction du véhicule ou pour le délit d'usurpation de plaque d'immatriculation prévu par l'article L. 317-4-1 du code de la route » (art. 529-10, 1° a) ;
  • une lettre signée précisant l'identité, l'adresse et la référence du permis de conduire de la personne présumée conduire le véhicule — la pièce du loueur et du dirigeant ;
  • les copies de la déclaration de cession du véhicule et de son accusé d'enregistrement au SIV ;
  • un document attestant qu'un système de délégation de conduite automatisé était activé.

Ces pièces sont alternatives : une seule suffit. Aucune n'est numérotée « cas n° 1 » ou « cas n° 2 » — cette présentation ne vient d'aucun texte.

La consignation : quand elle est due, combien, ce qu'elle n'est pas

Les exigences décrites ici — recommandé avec avis de réception ou voie dématérialisée, formulaire joint, pièce justificative ou consignation — sont celles de l'article 529-10 du code de procédure pénale. Elles ne valent que lorsque l'avis d'amende forfaitaire a été adressé au titulaire du certificat d'immatriculation, ou aux personnes visées aux trois derniers alinéas de l'article L121-2 du code de la route (locataire, acquéreur, représentant légal), pour une infraction de la liste de l'article L121-3 — liste fixée par l'article R121-6. C'est le cas type de l'avis radar reçu par une société ou un loueur. Hors de ce champ, la requête en exonération de l'article 529-2 n'est pas soumise à ce formalisme.

Dans ce champ, l'article 529-10, 2° pose trois règles. La consignation est une alternative aux pièces du 1°, jamais un cumul : produire le récépissé de plainte ou désigner le conducteur en dispense. Elle n'est due que si vous contestez sans aucune de ces pièces — le cas de qui veut contester une amende radar en discutant la mesure. Son montant égale celui de l'amende forfaitaire (135 € pour une 4e classe) ou de l'amende forfaitaire majorée (375 €) au stade de l'article 530.

Consigner n'est pas payer : cette consignation « n'est pas assimilable au paiement de l'amende forfaitaire et ne donne pas lieu au retrait des points du permis de conduire prévu par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route ». Elle ne coûte aucun point.

Comment contester une amende sans preuve ?

C'est la fonction exacte de la consignation. Si votre avis relève de l'article 529-10 et que vous n'avez aucune des quatre pièces, la requête reste recevable à condition d'être accompagnée de la consignation. L'absence de preuve n'interdit pas de contester : elle déplace la discussion devant le tribunal de police, aux frais avancés du requérant. Hors de ce champ, la condition n'existe pas.

Ce que vous risquez vraiment en contestant

L'article 530-1 décrit les suites. Au vu de la requête ou de la réclamation, le ministère public a trois options : renoncer aux poursuites ; poursuivre, par ordonnance pénale (articles 524 à 528-2) ou devant le tribunal de police (articles 531 et suivants) ; aviser de l'irrecevabilité de la réclamation non motivée ou non accompagnée de l'avis.

Deuxième règle, alinéa 2 : « en cas de condamnation, l'amende prononcée ne peut être inférieure au montant de l'amende ou de l'indemnité forfaitaire » — ni « inférieure au montant de l'amende forfaitaire majorée » au stade de l'article 530. Contester ne fait jamais descendre le montant sous ce plancher ; le juge peut aller au-delà.

Troisième règle : le supplément de 10 % est enfermé dans le même périmètre que la consignation, l'alinéa 3 de l'article 530-1 commençant par « Dans les cas prévus par l'article 529-10 ». La consignation y est reversée en cas de classement sans suite ou de relaxe ; en cas de condamnation, l'amende ne peut être inférieure au montant forfaitaire augmenté de 10 %, soit 148,50 € pour une 4e classe.

Sur les points, la distinction est à l'article L121-3, alinéa 2, du code de la route : « La personne déclarée redevable en application des dispositions du présent article n'est pas responsable pénalement de l'infraction. Lorsque le tribunal, y compris par ordonnance pénale, fait application des dispositions du présent article, sa décision ne donne pas lieu à inscription au casier judiciaire, ne peut être prise en compte pour la récidive et n'entraîne pas retrait des points affectés au permis de conduire. » Une condamnation prononcée contre le conducteur retire des points ; le titulaire de la carte grise seulement déclaré redevable pécuniaire n'a ni casier, ni récidive, ni point retiré.

Amende majorée : ce qui change quand le délai de 45 jours est passé

Passé les 45 jours, la majoration intervient de plein droit et le recours change de nature : ce n'est plus une requête en exonération, c'est une réclamation motivée adressée au ministère public, régie par l'alinéa 2 de l'article 530 du code de procédure pénale. Cet alinéa pose trois règles distinctes, qu'il ne faut jamais fusionner.

Le délai de principe : trente jours à compter de l'envoi de l'avis majoré — pas de sa réception. Le « délai de 3 mois pour contester une majorée », répandu en ligne, ne correspond à aucune des trois. Et l'alinéa 3 impose que la réclamation soit accompagnée de l'avis majoré, « à défaut de quoi elle est irrecevable ».

La survie du recours : si vous n'avez jamais eu connaissance de l'avis d'amende forfaitaire majorée lui-même, la réclamation « reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée ». Ne pas avoir reçu l'avis de contravention initial ne suffit donc pas : si l'avis majoré, lui, vous est parvenu, le délai reste de trente jours à compter de son envoi. Et un acte d'exécution — saisie administrative à tiers détenteur, courrier du Trésor — referme cette porte.

La forclusion propre au code de la route : la réclamation n'est plus recevable après trois mois « lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule » — pour une société, celle du siège, même si le courrier a été signé par un salarié depuis parti ou si le siège a déménagé sans mise à jour du SIV. Le texte dit « lettre recommandée », pas « avec avis de réception » : la première vérification à faire est le mode d'envoi, car hors de ce cas la forclusion spéciale ne s'applique pas. Seule échappatoire prévue : justifier d'un changement d'adresse déclaré au service d'immatriculation avant l'expiration du délai, ce qui ramène la somme due au montant de l'amende forfaitaire si elle est payée sous 45 jours.

La preuve de la non-réception, la rédaction de la réclamation et le cas des véhicules de société sont détaillés dans contester une amende majorée jamais reçue, avec deux modèles de lettre.

Combien coûte une amende à chaque étape (barèmes et délais)

Classe

Minorée (15 j)

Forfaitaire (45 j)

Majorée

Consignation pour contester

1re classe (piétons)

4 €

7 €

montant de l'AF ou de l'AFM

1re classe (autres)

11 €

33 €

idem

2e classe

22 €

35 €

75 €

idem

3e classe

45 €

68 €

180 €

idem

4e classe (excès de vitesse < 50 km/h, téléphone, feu rouge…)

90 €

135 €

375 €

135 € / 375 €

5e classe

non applicable — voir note

200 €

450 €

idem

Minorée : article R49-9 CPP. Forfaitaire : article R49 CPP. Majorée : article R49-7 CPP. Consignation : article 529-10, 2° CPP.

Trois réserves. Pas de minorée sur le stationnement : l'article R49-8-5 écarte « les contraventions réprimées par les articles R. 417-1 à R. 417-13 et R. 421-7 du code de la route relatives à l'arrêt et au stationnement dangereux, gênant ou abusif ». Pas de minorée démontrable sur la 5e classe routière non plus : le même article ne la rend applicable qu'aux contraventions « mentionnées à l'article R. 48-1 (I, 1° et II, 6°) », or le I ne vise que « les contraventions des quatre premières classes » et le II, 6° vise le code pénal — les contraventions routières de 5e classe figurent au II, 7°, non visé. Enfin, la consignation n'est exigée que dans le champ de l'article 529-10. Si vous refacturez l'infraction à un client, reste à savoir à quelles conditions retenir une contravention sur le dépôt de garantie.

Combien de temps pour contester une amende, et à partir de quand ? Le délai de contestation d'une amende ne se confond ni avec le délai de paiement, ni avec le délai de désignation.

Délai

Ce qui se joue

Point de départ

Texte

15 jours

Payer au tarif minoré

Constatation de l'infraction, ou envoi de l'avis

Art. 529-8 CPP

30 jours

Payer au tarif minoré par télépaiement (15 + 15)

idem

Art. R49-3-1 CPP

45 jours

Payer au tarif forfaitaire ou déposer la requête en exonération

Constatation de l'infraction, ou envoi de l'avis

Art. 529-1 et 529-2 CPP

45 jours

Désigner le conducteur (titulaire personne morale)

Envoi ou remise de l'avis d'infraction

Art. L121-6 code de la route

60 jours

Payer au tarif forfaitaire par télépaiement (45 + 15) — n'allonge pas le délai de contestation

Constatation, ou envoi de l'avis

Art. R49-3-1 CPP

Après 45 jours

Majoration de plein droit

Art. 529-2, dernier alinéa, CPP

30 jours (AFM)

Réclamation contre l'amende majorée

Envoi de l'avis d'AFM

Art. 530 al. 2 CPP

3 mois (AFM)

Forclusion si l'AFM a été envoyée en lettre recommandée à l'adresse de la carte grise

Envoi de l'AFM

Art. 530 al. 2 CPP

Le piège est à la ligne « 60 jours » : les 15 jours du télépaiement concernent le paiement seul et n'allongent pas d'un jour les 45 jours de la requête.

Vous êtes une société ou un loueur : la procédure n'est pas la même

Pourquoi l'avis arrive chez vous et pas chez le conducteur

Le contrôle automatisé identifie une plaque, donc un titulaire de certificat d'immatriculation. Quand ce titulaire est une personne morale, l'avis part au siège : l'article L121-6, alinéa 1, impose à son représentant légal d'indiquer « l'identité et l'adresse de la personne physique qui conduisait ce véhicule » dans les quarante-cinq jours de « l'envoi ou de la remise de l'avis d'infraction ». Le texte vise la personne morale titulaire du certificat d'immatriculation et celle qui détient le véhicule sans en être titulaire.

Désigner n'est pas contester, et l'ordre compte

Désigner le conducteur

Contester l'infraction

Ce que ça fait

Un nouvel avis est émis au nom du conducteur ; l'amende et les points basculent sur lui

Vous demandez l'abandon de la poursuite

Qui doit le faire

Le représentant légal de la personne morale

Le destinataire de l'avis

Délai

45 jours à compter de l'envoi ou de la remise de l'avis

45 jours (AF) / 30 jours (AFM)

Informations exigées

Identité et adresse du conducteur (art. L121-6)

Pour désigner en rendant la requête recevable : identité, adresse et référence du permis (art. 529-10, 1° b)

Texte

Art. L121-6 code de la route

Art. 529-2 / 530 CPP

Consignation

Non

Oui si aucune pièce du 1° de l'art. 529-10 n'est produite, et seulement dans le champ de cet article

Si on ne le fait pas

Contravention de non-désignation, en plus de l'amende initiale

Majoration de plein droit

La désignation de L121-6 n'est pas la pièce du 1° b) de l'article 529-10 : elle peut en tenir lieu si elle porte les trois mentions. Un registre de location qui les capte couvre les deux démarches — d'où l'intérêt de générer un contrat de location qui identifie le conducteur.

L'ANTAI pose une règle dans un cas précis : le représentant légal qui conduisait lui-même doit s'auto-désigner avant de contester ou de payer. Pour un loueur, l'ordre est le même : on désigne d'abord le locataire, on le laisse ensuite contester s'il le veut. Contester sans avoir désigné n'éteint pas l'obligation de L121-6. Trois exceptions en dispensent, à établir : vol, usurpation de plaque, force majeure.

La responsabilité pécuniaire bascule sur le locataire

La loi, et non votre contrat, désigne le locataire comme redevable pécuniaire : l'article L121-2, alinéa 2, pour le stationnement, les péages et les dépôts de déchets (« cette responsabilité pèse, avec les mêmes réserves, sur le locataire ») ; l'article L121-3, alinéa 4, pour les infractions du contrôle automatique (« Lorsque le véhicule était loué à un tiers, la responsabilité pécuniaire prévue au premier alinéa incombe au locataire, sous les réserves prévues au premier alinéa de l'article L. 121-2 »).

Ce transfert ne s'opère pas tout seul et ne dispense pas de désigner sous 45 jours : tant que rien n'est produit, l'avis reste au nom de la société. L'alinéa 1 du même article ne libère le titulaire que s'il « apporte tous éléments permettant d'établir qu'il n'est pas l'auteur véritable de l'infraction », et l'alinéa 3 fait peser cette redevabilité sur le représentant légal de la personne morale. Ne pas désigner cumule donc deux risques : rester redevable de l'amende, et encourir la contravention de non-désignation. D'où l'intérêt d'un contrat qui capte identité, adresse et référence du permis — voir les mentions obligatoires du contrat de location.

Amende pour non-dénonciation du conducteur : quels recours

La contravention de non-désignation a deux branches et aucun montant propre : l'article L121-6, alinéa 3, la punit « de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe ou, lorsque l'infraction mentionnée au premier alinéa est un délit, de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe ». Les euros viennent d'ailleurs — barème forfaitaire, quintuplement de l'article 530-3, alinéa 2, du code de procédure pénale « lorsque les amendes forfaitaires […] s'appliquent à une personne morale », plafonds du code pénal devant le tribunal de police. Le chiffrage est détaillé dans notre article dédié à désigner le conducteur d'un véhicule de location.

Le recours contre une amende pour non-dénonciation du conducteur tient en deux vérifications. Le délai : la requête en exonération de l'article 529-2 court-elle encore sur cette contravention, comptée depuis l'envoi de son propre avis ? Le motif : vol, usurpation, force majeure — les éléments doivent être transmis sous 45 jours à l'officier du ministère public (ANTAI). Cette contestation reste hors du champ de l'article 529-10, qui vise les seules infractions de l'article L121-3 : la liste de l'article R121-6 ne comprend pas la non-désignation, donc ni consignation ni formulaire joint.

```
[Dénomination sociale] — [adresse du siège]
Représentée par [nom, prénom], en qualité de [fonction], représentant légal

À l'attention de Monsieur l'Officier du ministère public
[adresse figurant sur l'avis de contravention]

Objet : requête en exonération — avis de contravention n° [numéro]
Envoi recommandé avec demande d'avis de réception

Monsieur l'Officier du ministère public,

L'avis de contravention référencé ci-dessus a été adressé à [dénomination
sociale], titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule [immatriculation].

Ce véhicule était, à la date et à l'heure de l'infraction ([date], [heure]),
loué à la personne suivante, conformément au contrat de location n° [numéro] :

— Identité : [nom, prénom]
— Adresse : [adresse complète]
— Référence du permis de conduire : [numéro]

Conformément à l'article 529-10, 1° b) du code de procédure pénale, je joins
la présente lettre signée précisant ces trois éléments.

Pièces jointes : formulaire de requête en exonération joint à l'avis ; copie
du contrat de location ; copie du permis de conduire du locataire.

[Lieu], le [date] — [signature du représentant légal]
```

Cette lettre vaut pour la voie postale ; en ligne, l'envoi recommandé n'est pas requis. Elle ne remplace pas la désignation de L121-6 lorsqu'elle est due. En amont, la refacturation se prépare par une clause de refacturation des contraventions dans vos CGV.

Les 5 erreurs qui rendent une contestation irrecevable

  1. Envoyer en lettre simple par la voie papier, quand l'avis relève de l'article 529-10. Le recommandé avec avis de réception y est exigé pour la voie postale ; la voie dématérialisée en dispense (dernier alinéa du même article).
  2. Ne pas joindre le formulaire de l'avis, ou l'avis d'amende majorée : irrecevabilité dans les deux cas (articles 529-10 et 530, alinéa 3).
  3. Payer d'abord. Faut-il payer une amende avant de la contester ? Non, pour deux raisons distinctes. Le paiement de l'amende forfaitaire éteint l'action publique (article 529 du code de procédure pénale) : il n'y a plus rien à contester. Et il établit la réalité de l'infraction, ce qui déclenche le retrait de points — l'article L. 223-1, alinéa 4, du code de la route dispose que « la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ». Le même alinéa met l'amende majorée sur le même plan : une majorée non payée dont le titre exécutoire a été émis n'épargne pas les points.
  4. Contester sans pièce et sans consigner, quand l'avis relève de l'article 529-10 : la requête est irrecevable.
  5. Pour une société : contester sans avoir désigné. L'obligation de l'article L121-6 subsiste et la contravention de non-désignation s'ajoute. Impayée, l'amende refacturée suit le sort des autres créances : voir comment recouvrer une amende refacturée impayée.

Questions fréquentes

Quels sont les motifs pour contester une amende ?
Il n'existe pas de liste légale de « bons motifs ». La loi encadre les pièces qui rendent la requête recevable quand l'avis relève de l'article 529-10 : récépissé de plainte pour vol, destruction ou usurpation de plaque ; lettre signée désignant le conducteur avec son adresse et la référence de son permis ; déclaration de cession enregistrée au SIV ; attestation de conduite déléguée. À défaut, il faut consigner.

Quel risque si je conteste une amende ?
Le ministère public peut renoncer aux poursuites, poursuivre, ou déclarer la réclamation irrecevable si elle n'est ni motivée ni accompagnée de l'avis (article 530-1). En cas de condamnation, l'amende ne peut être inférieure au montant forfaitaire — ou majoré si vous contestiez une majorée — et, si votre avis relevait de l'article 529-10, à ce montant augmenté de 10 %, que vous ayez consigné ou produit l'une des pièces du 1° : 148,50 € pour une 4e classe.

Comment ça se passe quand on conteste une amende ?
La requête part à l'officier du ministère public indiqué sur l'avis, avec le formulaire joint, ou par le téléservice de l'ANTAI. Celui-ci classe sans suite, poursuit devant le tribunal de police ou par ordonnance pénale, ou notifie l'irrecevabilité. La consignation éventuelle est reversée en cas de classement sans suite ou de relaxe.

Comment contester une amende : un exemple ?
Le modèle reproduit plus haut est celui d'un représentant légal qui désigne son locataire : en-tête de la société, référence de l'avis, identité, adresse et référence du permis du conducteur, pièces jointes. Pour un particulier, le formulaire joint à l'avis suffit, complété d'un exposé daté des faits. Aucun modèle ne dispense de ce formulaire.

Faut-il payer une amende avant de la contester ?
Non. Le paiement éteint l'action publique (article 529) et établit la réalité de l'infraction au sens de l'article L. 223-1, alinéa 4, du code de la route, ce qui entraîne le retrait de points. Dans le champ de l'article 529-10, la loi peut exiger une consignation : un montant égal à l'amende, non assimilable au paiement, qui ne retire aucun point et est reversé en cas de classement sans suite ou de relaxe.

Une société peut-elle contester l'amende à la place de son salarié ou de son client ?
Pas dans le cas général. Le représentant légal doit d'abord désigner la personne physique qui conduisait, dans les 45 jours suivant l'envoi ou la remise de l'avis (article L121-6), par recommandé avec avis de réception ou par voie dématérialisée. Un nouvel avis est alors émis au nom du conducteur, qui peut le contester. Trois exceptions dispensent de désigner : vol, usurpation de plaque, force majeure.

Sources et mise à jour

Lexio édite un logiciel de gestion pour loueurs de véhicules et ne délivre pas de conseil juridique individuel ; les montants et délais sont ceux en vigueur à la date de mise à jour.

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